Hommage à Simon Casas

Simon Casas, Vuelta Maestro

Né en 1947 prés de Nîmes, Bernard Domb (de son vrai nom) n’a rien d’un andalou bercé dans le monde des toros. Et pourtant, sa vie bascule à 8 ans lorsqu’il voit le torero Antonio Ordonez dans les arènes de Nîmes. A 12 ans, il tue sa première vache puis décide de partir pour l’Espagne accomplir son rêve de tore- ro. C’est là que le caractère de l’homme se forge et se façonne : ces années espagnoles sont à la fois dures et enrichissantes pour l’adolescent livré à lui même dans la jungle des apprentis toreros de Madrid. Dormant dans des abris de fortune souvent à même le sol au milieu des rats, il côtoie la misère pour y chercher la gloire. Il croisera d’ailleurs d’autre nîmois, dont le frère de Nimeno, Alain Montcouquiol, venu lui aussi tenter l’aventure en péninsule Ibérique. Aujourd’hui, on ne peut que difficilement imaginer le Madrid des années soixante ou le franquisme sévit et ou la vie des maletillas (jeunes apprentis toreros voyageant en Espagne avec un petit baluchon sur le dos et cherchant à toréer dans les fêtes de village) n’est qu’une galère permanente… Ces années là, le jeune Bernard se jette dans la lecture en dévorant tous les livres qu’il peut se procurer et développe un sens de la débrouillardise qui ne le quittera plus. Il réussit à to- réer dans nombres de petits villages, souvent de vieux toros vicieux qui ont si souvent vu l’homme qu’ils en deviennent des assassins en puissance. C’est en 1966 que Simon Casas enfile pour la première fois l’habit de lumière et en 1975 qu’il prend son alternative dans les arènes de Nîmes. Le soir même, il se coupe la coleta (petit chignon du torero) conscient qu’il ne serait jamais un grand torero!
A cet instant, sa vie bascule à nouveau. Il ne sera pas un grand torero ! Qu’à cela ne tienne ! Il sera organi- sateur de spectacles taurins. Il décide alors de mettre sa fougue et cette énergie débordante dans une nou- velle aventure. L’homme est intelligent, malin et rusé. En quelques années, il devient l’acteur incon- tournable du mundillo français. Devenu directeur

des arènes de Nîmes, son ambition et son sens des af- faires le poussent vers d’autres frontières pour obtenir la directions de grosses places espagnoles : Valence, Castellon et dernièrement Madrid. Tout réussit à ce boulimique du travail qui s’occupe également de la carrière de toreros et qui devient ganadero (éleveur de toros).Seule la politique lui assénera un coup bas. Mais l’homme est un artiste et la politique n’en compte pas dans ses rangs. Oui, Simon Casas est un vrai artiste même s’il reste un affairiste aiguisé. De plus, il est un formidable autodidacte dans le pur sens du terme, un homme qui manie la philosophie et la poésie avec douceur. Ecouter Simon Casas parler de tauromachie est un moment délicieux d’intensité qui envoûte toujours l’auditoire.

Et pourtant, l’homme n’est pas toujours le bienfaiteur dans sa propre ville… Souvent décrié, parfois insulté, il doit ressentir au fond de lui une forme d’injustice criante. Présent depuis quarante ans dans les arènes de Nîmes, j’ai souvent été choqué et peiné par les in- sultes qui lui ont été proférées lorsque un toro faible tombait. Ce public si versatile est il un seul instant conscient de la chance d’avoir cet homme à la tête des arènes ? Certes, le nîmois a la réputation d’être un « réboussier », un personnage jamais content, peu accueillant, constamment critique à l’égard de ceux qui réussissent. Pour autant, il lui serait peut être bon de constater que le poumon économique de cette ville reste la Féria. Et si Casas envoyait un jour « tout balader », je ne pense pas que la ville s’en remettrait. Le 16 septembre 2012, le monde entier a les yeux rivés sur Nîmes. Simon Casas vient de réaliser son plus beau coup d’éclat. Le toréro José Tomas vient de rendre une copie inoubliable qui fait chavirer dans une folie indescriptible le peuple de la fiesta brava. A 13h20, José Tomas sort en triomphe de l’amphithéâtre !

Portrait réalisé par Michel Bouisseren

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire sur “Hommage à Simon Casas

  1. Très bon portrait de Bernard, un personnage hors normes, un artiste et grand défenseur de notre passion .
    Ne pas oublier qu’il dirige également avec succès les arènes de Saragosse (1ere catégorie).

    J'aime

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