Un Art, et quel Art…

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Oeuvre de Stéphane Daure

Il est des instants, peut-être des âges, dans une vie où l’on a envie de poser par des écrits ce qui nous semble marquer notre existence. Chaque homme, sans vraiment le décider par avance, a soudain besoin d’exprimer et d’analyser les faits marquants qui ont jalonné le chemin de sa vie. La sagesse des cinquante ans, si sagesse il y a, fait ressortir les maux, les joies et les passions d’un demi-siècle écoulé. A cet instant de la vie, avons-nous peur de les laisser enfoui et de les perdre à tout jamais, tant l’envie de les exprimer est forte. La pudeur d’un écrit, l’angoisse de la découverte de carnets intimes où l’on jette les mots en les voulant à soi et rien qu’à soi. La peur
de l’autre, qui en relisant les carnets, décrypte tes peurs, tes passions et tes faiblesses. Et pourtant qui peut dire ne s’être un jour retrouvé seul, prêt d’une rivière, d’une forêt où d’un lieu propice à la réflexion, et n avoir écouté sa pensée  libérée de son étreinte bien-pensante ? Le parcours d’une vie est empreint de joie, de tristesse et de drame. Nul ne peut y échapper! A chacun d’y trouver un équilibre. Cet équilibre, souvent fragilisé par les aléas du quotidien, doit trouver son renfort dans la Passion. Ce mot passion est fort, puissant, parfois destructeur, mais il doit être le fil conducteur qui nous guide vers le plaisir absolu. La musique, la peinture ou la littérature sont des passions artistiques où les mots, les notes et les couleurs dansent à l’infini. Lire, écouter, regarder, enrichit l’auteur et transporte son spectateur. Cela devient alors un besoin, un remède à tous les maux. De toutes ces formes d’art qui hante notre existence, il en est un, certainement le plus dramatique, qui a bouleversé ma vie. Mélange de culture et de traditions, cet art au drame absolu, au visage rayonnant d’une cruelle beauté, incarne au plus profond de son fondement le combat de la vie et de la mort. Les plus grands artistes l’ont appréhendé, l’ont écrit, peint et porté à l’écran. Les dictateurs, révolutionnaires et intellectuels en ont fait un outil de communication, les abolitionnistes tentent encore de le fragiliser, mais cet art unique ne s’émeut que de ses pairs et reste fidèle à ses dogmes immuables. La corrida est donc un art, nul ne peut en douter. Son addiction est fusionnelle. Elle est une perpétuelle histoire d’amour où l’on perd parfois son âme au fond d’un grand lit. On l’aime et on la déteste, on voudrait parfois s’en séparer comme d’une infidèle maitresse, mais on y retourne inlassablement avec la même envie. C’est une passion, c’est un besoin, un Besoin de Toros…—Michel Bouisseren

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