Le mal aimé…

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Certains diront qu’il n’est pas un ‘perdreau de l’année’. D’autres, qu’il promène son regard un peu vide sans se soucier du public ou que sa tauromachie appartient aux temps anciens. Mal aimé et méconnu d’un certain public, il est l’anti star du système actuel et de cette tauromachie dite ‘moderne’ sans véritable fondement. Devenu matador de Toros au siècle dernier, des mains du révolutionnaire Paco Ojeda et  confirmé à Madrid par l’abrazo du bohème Frascuelo. Quoi de plus normal, qu’accouche de ces deux parrains un torero artiste, à la muleta douce telle un linceul qu’il laisse glisser sur le sable du ruedo. Diego Urdiales est né à Arnedo il y a tout juste 40 ans. Pas vraiment glamour, encore moins flamenco comme endroit pour être torero! Sauf que le grand Curro Romero en a décidé autrement en 10561727_10206035266778346_5201436407802932697_nrévélant que Diego ‘toréait un peu comme lui’ !«Diego, sabes que me parezco un poquito a tí toreando». Le même Duende, ce sentido des Dieux. Et voilà que l’on prête à Diego d’être né à Triana en pleine calle Pureza! Son père aurait été picador pour le Curro dans les années 80. Sa mère chanteuse de Flamenco d’origine gitane et son grand père paternel  banderillero du célèbre Gitanillo de Triana dans les années  40! Tout cela expliquerait le pourquoi de cette toreria si pure et  ce poignet  dessinant avec volupté des naturelles au corps relâché. Diego Urdiales, enfant de Triana? Pourquoi pas… Diego est un artiste! Un de ces toreros qui vous remplit d’émotion dans une totale communion, capable de transmettre ce souffle d’un toreo épuré à l’extrême.11075125_10206033790461439_1617986420563263750_n Rien d’inutile ne vient polluer son toreo de verdad. Pas de fioritures, juste le sublime nécéssaire! Madrid en a fait son chouchou absolu en 2014 et pour cause. Lors de la San Isidro et la feria d’Octobre, face aux Adolfo Martin, il déroule ses faenas dans le plus pur classicisme, démontrant ainsi que l’on 11081130_10206035265458313_4966520010184850064_npeut à la fois toréer de verdad y de Arte face à du ‘Toro Toro‘! Après une traversée du désert longue…trop longue, il semble atteindre sa plénitude de Torero et pourquoi pas bousculer l’ordre établi.  Mais les Figuras en place accepteront elles de partager le cartel avec lui? Le pari est loin d’être gagné! Si Urdiales se fait une place parmi les Figuras en passant du Domecq au Santa Coloma avec la même aisance, pas sûr que certaines ‘Altesses’ de l’Escalafón voient cela d’un très bon oeil…

Michel Bouisseren

Photos: Laure Crespy

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