Etre né dans la rue…

Monter sur un ring, fouler le ruedo des arènes. Un art et quel  noble art! A la vie à la mort est inscrit en lettres de sang pour conjurer un destin trop injuste. Boxer ou toréer, vivre ou mourir! Pas d’autres choix si l’on veut échapper à la tragédie des bas-fonds. Ne pas subir ce chemin sans issue qui vous mène à la déchéance et l’oubli. Boxer pour exister, toréer pour subsister, tel est l’enjeu pour une vie meilleure! Ils sont nés dans la rue, ont pour beaucoup vécu des années de misère avant de devenir les idoles d’une génération. Devenir boxeur ou torero ne peut être le fruit du hasard . Mohamed Ali ou Curro Romero, El Cordobés ou Marvin Hagler ont en commun cette enfance des bas quartiers et des soirs de disette.C’est parce qu’ils ont eu faim  qu’ils furent grands! Juan Belmonte voulait être chasseur de lion et revenir d’Afrique couvert d’or et de gloire. Son voyage s’est arrêté à Cadix et il est devenu ce génial Torero qui a révolutionné la corrida moderne. Joe Frazier est rentré dans une salle de boxe presque par hasard mais ne supportait pas l’odeur de la sueur, il fut un boxeur d’exception. La misère ou la gloire, les coups de poing et les coups de corne… Il faut être né dans la rue pour accepter telle souffrance! Les fils Litri, Camino ou Chamaco avaient du talent mais sûrement pas la rage qui fait de vous un Grand. Pendant que la misère augmente dans le monde, l’argent facile d’une délinquance presque banalisée fait du ghetto une véritable ‘pompe à fric’.  Les gamins des rues ont déserté les salles de boxe,  dealer la drogue est plus rentable que mettre les gants, les maletillas ont disparu en même temps que les Capea de village et les novilladas de la vallée de la Mort. Vaincre ou mourir semble désuet à l’heure de la TV réalité. le guerrier d’hier est  devenu le métrosexuel d’une société aseptisée. Les combats de boxe ne font plus recette pendant que les arènes n’affichent plus le no hay billetes. Est ce la fin de ces nobles arts? Maywheather sera t-il le dernier gladiateur des ring et José Tomas le dernier mythe des arènes? Formater et vulgariser un art lui ôte t-il tout pouvoir de magie? Vaincre ou mourir… Il faut être né dans la rue…! —Michel Bouisseren

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