Eternellement…Ronda

L1170052Sur son nid d’aigle tout là haut  perchée, Ronda la magnifique, déroule son histoire avec véhémence. Reine de la ‘cité des rois’, ses arènes trônent en défiant le temps. De PepeHillo à Morante, plus de deux siècles d’histoire del arte. En Franchissant la porte, le silence s’impose comme un respect à la vieille dame.  Il coule dans sa pierre le sang des braves au costume goyesque et le fer du toro bravo des encastes d’antan. Loin de la modernisation destructrice, elle est un rempart de traditions qui veille sur des dogmes de partout contestés.

L1170050Depuis son rocher qui domine la Piel de toro, elle observe avec inquiétude la débandade du Mundillo actuel. Ses pierres usées par le vent de la Sierra pleurent lorsque les mécréants attaquent sans relâche les fondamentaux bâtis dans le sang et la gloire. Inexorablement, le río Guadiaro qui coule dans ses entrailles, recueille ses larmes de reine bafouée. Qu’en pense le bel Antonio, aux suaves Veroniques, dont la statue trône en défiant le temps? Le Maestro des maestros, le Torero au sentiment profond. Sa posture est de marbre, mais son toreo  souffre face à la vulgarité qui envahit les ruedos.

L1170049Que dire des chiqueros qui ont accueillis les Miura, Pablo Romero, Bartolome, Buendia et autres fers de naguère? Ces fauves d’un autre temps qui ébranlaient les lourdes portes de ce couloir chargé d’histoire. La guerre civile les a meurtri dans leurs chairs, les vétérinaires du 21° siècle les ont rangés dans le grand livre de l’histoire.                                                « Ronda, réveille toi! ils sont devenus fous! Chasse ces usurpateurs de ton royaume! Protège la fiesta brava de ces fauteurs de trouble! » La vieille reine est fatiguée. Son trône vacille sous les coups de butoir des promoteurs sans vertu. A fabriquer un toro complaisant, à modeler un toreo de salon, ils ont tué le rêve. La société archaïque que l’on pensait inébranlable sombre inexorablement dans la désacralisation et la vulgarité.

Le soleil disparait derrière les montagnes de la Serrania. Comme chaque soir, le musée taurin éteint ses lumières. La lourde porte se referme, laissant dans la pénombre deux siècles d’histoire. La vieille dame peut s’endormir et garder jalousement le mystères  de son âme…Eternellement!

L1170047Michel Bouisseren (texte et photos)

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