» Voila… C’est fini… »

« Voila…C’est fini… » Les clarines se sont tues… Les musiciens rangent leurs instruments…On relève les strapontins…Le ruedo s’assombrit…L’aficion revêt ses habits d’hiver…!

« Et maintenant …Que vais-je faire…? » Le grand vide s’installe! Après des mois à courir les arènes…On se sent un peu orphelin, comme un enfant abandonné, un amant esseulé! La porte du toril s’est refermé, il reste les souvenirs. Les anglais appellent ça un brainstorming, les espagnols une reseña de temporada, chez nous on pourrait parler d’état des lieux. Et là, j’ai envie de dire que c’est assez délabré comme situation! On a plutôt envie de dire: » Temporada 2014 terminée… Vive 2015! »

Certains ont déjà rendu un verdict! Juan Bautista grand triomphateur de la temporada! Ouah..!! Splendide! Que arte! Euh… Les critères au juste, quels sont-ils? La gentillesse du personnage, le fait qu’il ait beaucoup torée en France? Peut être une reconnaissance de quinze années d’alternative? Vive 2015!

Ensuite nous avons eu le G5! Enfin le « feu » G5. Ou devrais je dire le G1, Puisque les rats ont une nouvelle fois quitté le navire! Le capitaine syndicaliste se retrouve seul à la barre. Après avoir échoué avec le G10, le Juli coule à nouveau avec le G5. Il faut reconnaitre qu’il aura été bien meilleur cette saison comme « fouteur de merde » que muleta en main! Imposer un diktat sur les Impresas, les toros, les cartels et les journalistes relève de l’abus de pouvoir! Souhaitons qu’il revienne à la raison et qu’il s’emploie désormais à faire ce qu’il peut faire de mieux: toréer. Son ami Manzanares a lui traversé la temporada en toute transparence! Entre copieux sifflets dans les arènes « sérieuses » et triomphes de complaisance ailleurs, on ne peut pas dire que son toreo ait atteint des sommets de sincérité. De plus en plus adepte d’une tauromachie  « lointaine », il aura fait passer ses toros tel un autobus à grande vitesse! Pas de nettoyage de traje de luz pour cette année,ils sont aussi propres que sortis du tailleur!

Toujours sur son nuage artistique et cérébral, Morante aura alterné le bon avec parfois le très bon, sans oublier le :’Je ne veux pas te voir…3 muletazos et au revoir’…! Mais bon c’est Morante! Un artiste ne crée pas à la demande et lorsqu’il torée, il côtoie les cieux.On peut ne pas aimer et préférer les besogneux!  Qu’il laisse juste à la fourrière son bus marketing de foire expo! Dans le G5, j’ai aussi Talavante qui a tutoyé l’excellence avant les tables d’opération pour terminer en beauté à Saragosse. Sa tauromachie lorsqu’il ne la rend pas vulgaire est pleine de temple et de sincérité. Le dernier larron  du G5 n’est pas le moindre! Grand triomphateur de la san Isidro et de Bilbao, Perera atteint la plénitude de son toreo. Sa tauromachie exigeante, parfois complexe dans son approche n’a pas vraiment séduit (une fois de plus) le public français. C’est certain que le garçon n’est pas un showman! Coté marketing il a des leçons à prendre. A croire qu’il est difficile de lever les foules chez nous quand on torée de verdad et sans artifices bluffants! Au fait, pour ceux qui s’endorment pendant qu’il torée, le centre culturel de la Rioja à Madrid lui a remis le traje Rioja y Oro de sa 12° édition!

Au chapitre des grands délabrements de 2014: les Toros! Et là… Y’a du souci et c’est pas gagné! Zalduendo, Garcigrande, Daniel Ruiz et consort. Ceux là ils connaissent pas la crise! Pour ne pas y tomber dessus, vaut mieux aller aux course hippiques! Avant on avait le toro « bonbon », maintenant voici le toro « bobo »! ( toute similitude avec son homologue bobo parisien bcbg,gendre idéal et plutôt de gauche n’est pas fortuite!)  Ce toro bobo donc, il sort gentiment du toril, rentre ses cornes pour ne pas blesser, évite avec complaisance la pique (pardon! On appelle cela des rencontres) et se tient prêt pour enchainer les deux cents aller retour qu’il va faire à travers la muleta! Tout cela en suivant une ligne droite parfaite! Olé que Arte! Du coup on saute le tercio de pique… Les antis sont contents et le public aussi! Après tout on s’en fout! Les intégristes de Toristes, ils n’ont qu’à aller faire la guerre en Syrie!

Bon, au chapitre des bonnes nouvelles,  il y en a quand même? Oui! Le retour de certains encastes portés disparus depuis des années! Pour une certaine aficìon, le toro reste un acteur essentiel de la fiesta brava. Sans un toro bravo, pas de lidia! La lidia, vous savez ce mot magique et chargé d’émotion qui vous hérissent les poils lors d’un combat loyal où le toro est respecté et le torero respectable… Merci aux Impresas qui à contre courant montent des cartels de « respect »! Car aujourd’hui ce n’est certainement pas les antis le plus grand danger pour la fiesta brava! C’est le montage de spectacles de cirque avec des toros ‘bobo’ pour des publics de ‘bobo’ !

Reste les hommes qui ont marqués cette temporada. ceux qui nous ont  malheureusement quittés comme Jacques Monnier et Hubert Yonnet et ceux qui ont donné de l’espoir à une aficion attentive. Miguel Abella, Paco Ureña, Juan del Alamo, Joselito Adame et une mention toute particulière pour Diego Urdiales. Sa saison est parfaite malgré très peu de contrats et se termine en apothéose avec cette oreille de poids coupé a Madrid en Octobre! Ces toreros cités ne remplissent pas les arènes, ne font pas les une de la presse taurine et pourtant leur toreo est rempli de sincérité et de respect. En France un impresa qui monterait un cartel: Ureña/Abella/Urdiales avec des Adolfo Martin ferait au mieux une petite demi- arène (exception faite de Vic ou Ceret ). Et pourtant l’avenir de notre passion est lié au retour de corridas sérieuses et sans esbroufe!

Coté français, que dire?… C’est dit…! Ah j’oubliais, le jeune Cayetano Ortiz après une alternative pas des plus simples ( se retrouver au paseo entre Joselito et Morante! Bonjour la pression!) a montré dans sa deuxiéme corrida des gestes et des attitudes plus qu’intéressantes! Quant aux toros , on aura vu trois excellents Margé sortir tels qu’on les aime, avec du piquant et qu’il faut toréer.  Pour le reste, Sébastien Castella traverse le ruedo en portant sa misère sur son dos, parait ailleurs et sans âme. Jean Baptiste sort donc a hombros de cette saison! C’est bien pour un garçon qui ne triche jamais et dont le professionnalisme est total. Certains diront que sa tauromachie est mécanique et ennuyeuse… A chacun de juger!

La grande porte de la Fiesta Brava se referme avec regret… L’automne est là… Suerte para todos… A l’an que ven!

Michel Bouisseren 

(photo Jonathan Veyrunes)

Un commentaire sur “ » Voila… C’est fini… »

  1. Pour moi c’est effectivement fini, fini. Tous les goûts sont dans la nature. Quand je peux les éviter je ne vais pas voir les toreros que je n’aime pas. Rentrent dans cette catégorie ceux qu’on est obligé de suivre des temporadas entières dans l’espoir d’apercevoir « UN » geste ! mais voyez, je ne les cite même pas pour ne pas leur faire de l’ombre !

    J'aime

Donnez votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s